L’Egypte et la Tunisie bravent les interdits

Par Tony Gamal Gabriel

crédit: flickr/tchik

Bonne nouvelle: un vent de liberté souffle sur l’Egypte et la Tunisie. Les révolutions qui ont mené à la chute de Moubarak et de Ben Ali auront eu le mérite de ramener sur les marchés nationaux des livres interdits par les anciens régimes autoritaires.

Les tunisiens qui ne se l’étaient pas procurés clandestinement pourront ainsi se délecter à la lecture de la Régente de Carthage, main basse sur la Tunisie (édition la découverte, 2009), l’ouvrage de Nicolas Beau et Catherine Graciet qui dénonce l’implication déterminante de Leila Trabelsi dans le régime de son mari. Les égyptiens quant à eux, qui n’ont pas affaire à une censure aussi répressive que celle qui sévissait en Tunisie auront tout de même le loisir de découvrir le carton rouge pour Moubarak (édition de la maison de la culture nouvelle, 2009) qui reprend divers articles critiques envers le régime de Moubarak écrits par le journaliste Abdel Halim Kandil.

Beaucoup reste à faire

Mais en Egypte, la censure est une véritable hydre de Lerne. Il serait fou de croire qu’elle a été complètement éradiquée. Son spectre plane encore sur le pays.

C’est ainsi que malgré les appels répétés de plusieurs artistes à le supprimer, l’organe chargé de censurer la production artistique égyptienne sera conservé. C’est ce qu’a indiqué le nouveau ministre de la culture Mohameb Abdel Meneim el Sawy, dont la nomination a été décriée par un des plus grands auteurs égyptiens, Gamal al Ghitani. Le nouveau ministre, propriétaire d’un célèbre centre culturel situé dans un quartier huppé du Caire a indiqué que la censure étatique était nécessaire, notamment pour combattre la pornographie au cinéma.

Mais pire encore que la censure étatique, demeure la censure exercée par la société. Une société qui sous les coups des différents dictateurs qui se sont succédés à la tête de l’Egypte, est devenue plus conservatrice.

C’est ainsi qu’en Mai 2010, plusieurs avocats avaient saisit la justice pour essayer d’empêcher la réédition [des] milles et une nuit (autorité générale pour la culture, 2009). Ils considéraient en effet ce chef d’œuvre de la littérature arabe classique comme "obscène". Tout comme Youssef Zeidane avait été attaqué en justice pour son roman Azazil (Dar al Shourouk, 2008). Selon ses détracteurs, le roman dont l’action se situe aux premières heures du christianisme en Egypte serait une insulte à la religion chrétienne.

La révolution égyptienne viendra-t-elle à bout des dernières lignes rouges imposées par la censure? "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrais pour que vous ayez le droit de le dire", écrivait Voltaire. Plus que jamais, cette citation est d’actualité en Egypte.

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