Attention : fragile.

Par Diane Jeantet

Monet a séjourné au Grand Palais pendant plusieurs mois. De septembre à janvier les gens ont défilé par millions pour arrêter leur regard sur les tableaux du peintre impressionniste français. Mais une fois la magie du spectacle terminé, qu’advient-il des 169 oeuvres réunies pour cette exposition exceptionnelle ?

Le 24 janvier, date de fermeture de l’exposition, tous les tableaux, provenant de musées des quatre coins du monde, doivent être acheminés vers leur maison mère. Alors, LP ART, société de transport d’oeuvres d’art, met en marche sa super organisation. Telle une fourmilière, chacun y tient un rôle bien précis. Véronique Fontanaud, 30 ans, travaille depuis 3 ans et demi pour LP ART comme coordinatrice d’expositions. On ne devinerait jamais à la voir que cette jeune femme aux airs fragiles, tout droit sortie d’un tableau de Clouet, porte sur ses épaules d’aussi lourdes responsabilités. Atteignant parfois plusieurs millions d’euros, chaque pièce nécessite l’attention la plus complète.

En vingt ans d’existence LP ART s’est imposé face au numéro un sur le marché, Chenue, crée il y a plus de 200 ans par Napoléon. « Pour une expo comme Monet, on a environ deux mois pour tout mettre en place », explique-t-elle. Son coût : environ un million d’euros.  Et cette note salée n’inclut même pas les assurances, puisque ce sont des compagnies spécialisée comme AXA Art, Generali ou Zurich Art qui s’en occupent. Emballage, transport, réception ; Véronique me décrit par le menu ce processus en trois temps.

L’emballage

Un technicien est envoyé dans chaque musée « prêteur » afin de mesurer les oeuvres qui voyageront et de leur confectionner des caisses en bois sur mesure. Cela va de la simple « caisse galerie » faite de planches de bois et de mousse, à la caisse climatisée, isotherme, super isotherme… La déclinaison est sans fin et adaptée aux besoins de chaque pièce.

Une fois livrées au musée, les caisses vides reposent deux jours  près de l’oeuvre qu’elle protègeront de tout incident. Il est déconseillé de faire subir tout écart de température soudain aux peintures, les caisses doivent donc prendre la température ambiante avant d’être chargées. Il en sera de même à l’arrivée. Les toiles sont des êtres fragiles ; la règle veut qu’on ne déballe pas juste après la livraison.

Pour les sculptures de petites tailles, un technicien se rend sur place avec une caisse spéciale, entièrement gainée de mousse. Il prend l’objet pour modèle et reproduit un dessin fidèle sur la mousse qu’il découpera ensuite pour y placer la sculpture. Un rituel méticuleux où rien ne doit être laissé au hasard.

Le transport

New York, San Francisco, Dallas, Los Angeles… Sur le seul territoire des Etats-Unis, 27 musées ont prêtés leurs oeuvres signées du pinceau de Monet pour cette rétrospective unique. Pour la France et les pays alentours, le voyage se fait en camion. Capitonné, climatisé, blindé, ces camions coffres-forts sont toujours conduits par deux chauffeurs. Mais jamais totalement rassurés, les grands musées exigent aussi la présence d’un convoyeur. L’homme est missionné pour accompagner l’oeuvre depuis le seuil du musée jusqu’à son accrochage sur le mur de sa maison d’adoption.

Y compris pour de plus longues distances, lorsqu’elles prennent l’avion, les précieuses oeuvres d’art ne sont jamais laissées sans surveillance. Un oeil attentif veille constamment sur elles depuis la « palettisation » du convoi (lorsqu’il est mis en soute) jusqu’au départ de l’engin. « On a des gens à l’aéroport qui ne font que ça, attendre sous l’avion… Parfois ils attendent comme ça deux ou trois heures », explique Véronique. Il faut être sûr que rien n’a été débarqué – les bagages des passagers sont prioritaires sur la marchandise en cas de surcharge.

Last but not least, le bagage à main. Si elle ne pouvait compter sur ses relations privilégiées avec le staff de l’aéroport, la compagnie ne fonctionnerait surement pas aussi bien. « Nous faisons en sorte que nos passagers ne passent pas par les rayons X, il faut discuter avec les douaniers… Mais on est jamais à l’abris d’un contrôle au portique de sécurité, ou même à la douane, qui nous obligerait à ouvrir ces caisses dans des conditions déplorables. » Si tout se passe bien, quelqu’un accompagne le conservateur jusque dans l’avion, où deux places business lui sont réservées. Une pour lui et une pour le bagage, parfois pas plus grand qu’un étui à lunettes…

Tant de précautions qui certes se justifient par la valeur des pièces rassemblées mais aussi par l’ampleur de ces entreprises et la foule qu’ils attirent. Ces rares rendez-vous culturels, pour Monet la dernière exposition de cette taille remonte à 35 ans, LP ART est un chaînon indispensable. Pour son dernier jour d’ouverture, l’exposition Monet compte des milliers de personnes devant ses portes. A 7h ce matin, alors qu’il ne faisait que trois degrés dans la capitale, on estimait l’attente à plus de 4h.

Attention : Fragile.

Monet a séjourné au Grand Palais pendant plusieurs mois. De septembre à janvier les gens ont défilé par millions pour arrêter leur regard sur les tableaux du peintre impressionniste français. Mais une fois la magie du spectacle terminé, qu’advient-il des 169 oeuvres réunies pour cette exposition exceptionnelle ?

Le 24 janvier, date de fermeture de l’exposition, tous les tableaux, provenant de musées des quatre coins du monde, doivent être acheminés vers leur maison mère. Alors, LP ART, société de transport d’oeuvres d’art, met en marche sa super organisation. Telle une fourmilière, chacun y tient un rôle bien précis.Véronique Fontanaud, 30 ans, travaille depuis 3 ans et demi pour LP ART comme coordinatrice d’expositions. On ne devinerait jamais à la voir que cette jeune femme aux airs fragiles, tout droit sortie d’un tableau de Clouet, porte sur ses épaules d’aussi lourdes responsabilités. Atteignant parfois plusieurs millions d’euros, chaque pièce nécessite l’attention la plus complète.

En vingt ans d’existence LP ART s’est imposé face au numéro un sur le marché, Chenue, crée il y a plus de 200 ans par Napoléon. « Pour une expo comme Monet, on a environ deux mois pour tout mettre en place », explique-t-elle. Son coût : environ un million d’euros.  Et cette note salée n’inclut même pas les assurances, puisque ce sont des compagnies spécialisée comme AXA Art, Generali ou Zurich Art qui s’en occupent. Emballage, transport, réception ; Véronique me décrit par le menu ce processus en trois temps.

L’emballage

Un technicien est envoyé dans chaque musée « prêteur » afin de mesurer les oeuvres qui voyageront et de leur confectionner des caisses en bois sur mesure. Cela va de la simple « caisse galerie » faite de planches de bois et de mousse, à la caisse climatisée, isotherme, super isotherme… La déclinaison est sans fin et adaptée aux besoins de chaque pièce.

Une fois livrées au musée, les caisses vides reposent deux jours  près de l’oeuvre qu’elle protègeront de tout incident. Il est déconseillé de faire subir tout écart de température soudain aux peintures, les caisses doivent donc prendre la température ambiante avant d’être chargées. Il en sera de même à l’arrivée. Les toiles sont des êtres fragiles ; la règle veut qu’on ne déballe pas juste après la livraison.

Pour les sculptures de petites tailles, un technicien se rend sur place avec une caisse spéciale, entièrement gainée de mousse. Il prend l’objet pour modèle et reproduit un dessin fidèle sur la mousse qu’il découpera ensuite pour y placer la sculpture. Un rituel méticuleux où rien ne doit être laissé au hasard.

Le transport

New York, San Francisco, Dallas, Los Angeles… Sur le seul territoire des Etats-Unis, 27 musées ont prêtés leurs oeuvres signées du pinceau de Monet pour cette rétrospective unique. Pour la France et les pays alentours, le voyage se fait en camion. Capitonné, climatisé, blindé, ces camions coffres-forts sont toujours conduits par deux chauffeurs. Mais jamais totalement rassurés, les grands musées exigent aussi la présence d’un convoyeur. L’homme est missionné pour accompagner l’oeuvre depuis le seuil du musée jusqu’à son accrochage sur le mur de sa maison d’adoption.

Y compris pour de plus longues distances, lorsqu’elles prennent l’avion, les précieuses oeuvres d’art ne sont jamais laissées sans surveillance. Un oeil attentif veille constamment sur elles depuis la « palettisation » du convoi (lorsqu’il est mis en soute) jusqu’au départ de l’engin. « On a des gens à l’aéroport qui ne font que ça, attendre sous l’avion… Parfois ils attendent comme ça deux ou trois heures », explique Véronique. Il faut être sûr que rien n’a été débarqué – les bagages des passagers sont prioritaires sur la marchandise en cas de surcharge.

Last but not least, le bagage à main. Si elle ne pouvait compter sur ses relations privilégiées avec le staff de l’aéroport, la compagnie ne fonctionnerait surement pas aussi bien. « Nous faisons en sorte que nos passagers ne passent pas par les rayons X, il faut discuter avec les douaniers… Mais on est jamais à l’abris d’un contrôle au portique de sécurité, ou même à la douane, qui nous obligerait à ouvrir ces caisses dans des conditions déplorables. » Si tout se passe bien, quelqu’un accompagne le conservateur jusque dans l’avion, où deux places business lui sont réservées. Une pour lui et une pour le bagage, parfois pas plus grand qu’un étui à lunettes…

Tant de précautions qui certes se justifient par la valeur des pièces rassemblées mais aussi par l’ampleur de ces entreprises et la foule qu’ils attirent. Ces rares rendez-vous culturels, pour Monet la dernière exposition de cette taille remonte à 35 ans, LP ART est un chaînon indispensable. Pour son dernier jour d’ouverture, l’exposition Monet compte des milliers de personnes devant ses portes. A 7h ce matin, alors qu’il ne faisait que trois degrés dans la capitale, on estimait l’attente à plus de 4h.

Diane Jeantet

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