La BD s’invite sur l’iPad

Par Eric Kuoch

Les éditeurs de BD et Apple se sont mis d’accord. L’iPad continue de chambouler l’industrie de la culture. Avec lui, Il est possible d’écouter de la musique, voir des films, lire son journal, son livre, et maintenant son album de BD… Mais attention aux réticences.

Un coup d’index et les planches défilent. L’histoire glisse, les bulles coulent sous les doigts. L’album numérique a tout d’un vrai. Les héros sur papier s’animent sur l’écran tactile. Les couleurs sont belles, et le rendu sur l’écran rétro éclairé rend la lecture facile.  Les éditeurs voient en la tablette numérique une aubaine. Entre le dessin animé et le livre numérique, le mariage entre l’iPad et la Bande dessinée est consommé.

Le marché du 9è art n’est pas au meilleur de sa forme. Un recul de 5,7% des ventes en 2010 par rapport à 2009, selon l’institut Ipsos. Le  chiffre d’affaire des éditeurs affiche une baisse de 2% et s’élève à 313,3 millions d’euros. Alors pour relancer la dynamique, l’arrivée d’un nouveau support de diffusion comme l’iPad est une opportunité à saisir.

Il y a d’abord eu Ave!Comics, puis DigiBiDi. Né en mars 2010, Iznéo est le troisième site internet qui propose de la BD pour tablette numérique. Les 12 éditeurs : Bamboo, Casterman, Circonflexe, Dargaud, Dupuis, Fei, Fluide Glacial, Grand Angle, Jungle, Kana, Le Lombard et Lucky Comics, se sont réunis pour créer ce site et prendre le train de la BD numérique en route.

Iznéo, c’est un répertoire de 800 albums en magasin en vente ou en location. Il faut compter 2 euros pour une location de 10 jours et 5 euros pour un accès permanent à un album. La numérisation permet de faire renaître de vraies légendes. Les numéros 1 des séries mythiques comme  Lucky Luke, Adèle Blanc-sec ou encore Black et Mortimer sont disponibles sur la librairies en ligne.

Une offre censée relancer les ventes et donner un petit coup de boost au secteur de la BD. Mais cela n’est pas de l’avis de tout le monde. Si la tablette numérique plait aux éditeurs, les auteurs, eux, ne font pas entendre le même son de cloche. Un peu avant le festival du livre en mars 2010, un collectif d’auteurs, dont six grand prix d’Angoulême ont lancé une pétition, intitulé « appel du numérique » et qui a recueilli 1300 signatures. L’idée était de définir quelle part du gâteau reviendrait aux artistes. La Société Nationale des Auteurs et des Compositeurs n’a pas voulu donner plus de précision.

Les libraires aussi peuvent se sentir floués par une telle évolution du secteur. Les prix pratiqués par ces sites sont bien en-dessous de ceux en librairies. Les professionnels du secteur estiment que 20% du marché du livre va passer au numérique. Dans de telles conditions, les conséquences sur les libraires seront d’importance.

La tablette numérique d’Apple et les éditeurs semblent donc être les grands gagnants de l’opération. L’argument principal, remettre le lecteur au centre de la BD. Pourtant, les critiques sont légions. Le contact du papier n’est pas le propre de l’iPad, les nostalgiques des pages à tourner, ou de l’odeur même du papier restent encore sceptiques vis-à-vis de la planche à glisser.

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