La nuit va-t-elle mourir en silence à Paris?

Par Lisa BEAUJOUR

La vie culturelle de Paris connaît des transformations au cours des années. Gaspard Gantzer, directeur de cabinet de l’adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, évoque les tendances de la vie culturelle parisienne et de la politique culturelle de la Mairie de Paris.

Coulisses de la culture : Est-il vrai que « la nuit meurt en silence » à Paris ?

Gaspard Gantzer: Non, pas du tout. Paris a encore une grande vitalité culturelle : c’est la ville de France dans laquelle il y a le plus de concerts. Elle est même compétitive au niveau européen. Le problème vient des spécificités de la ville : Paris est une petite capitale, très dense et patrimoniale. C’est pourquoi on y est moins libre qu’à Berlin. A Paris, il faut très vite savoir concilier sortie et tranquillité. Mais tout cela n’empêche pas la nuit parisienne d’être en perpétuel mouvement.

Coulisses de la culture : Que fait la Mairie de Paris pour favoriser la vie nocturne ?

Gaspard Gantzer : La Mairie de Paris aide les lieux de nuit à se renouveler. Les Trois Baudets (18ème), La Maroquinerie (20ème) et la Flèche d’or (20ème) sont trois lieux de sortie aidés financièrement par la Mairie. La gaîté lyrique (3ème), qui ouvrira en mars 2010, reçoit elle aussi son soutien. Nous nous occupons aussi de travaux d’isolation sonique, afin de réduire les nuisances au maximum. Et nous avons mis en place des dispositifs de médiation entre les plaignants et les établissements nocturnes pour trouver des solutions au cas par cas. A l’occasion des Etats généraux de la nuit, nous avons même créé des correspondants de nuit pour améliorer cette médiation, notamment dans les arrondissements les plus festifs comme le 11ème et le 18ème.

Coulisses de la culture : A Paris, la culture se démocratise-t-elle ?

Gaspard Gantzer : De nombreuses mesures ont été prises pour faciliter l’accès à la culture pour tous. Depuis 2001, les collections permanentes des musées municipaux comme le Musée Carnavalet ou le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris sont entièrement gratuites. Cela a bien sûr eu un effet sur les visiteurs, qui sont désormais plus nombreux. Il n’y a pas que les prix des musées qui compte : l’emplacement est lui aussi très important. Tous les gens, quelque soit l’endroit où ils habitent, doivent avoir la possibilité d’accéder facilement à des lieux culturels, explique le directeur de cabinet. C’est pour cela que la Mairie de Paris encourage le développement de lieux de culture dans tous les arrondissements. Actuellement, on met en place un MK2, à Stalingrad, et un UGC dans le quartier Claude Bernard (19ème).

Coulisses de la culture : Les grandes expositions (Monet, Turner…) qui ont été très médiatisées ces dernières années à Paris relèvent-elles d’une marchandisation de la culture ?

Gaspard Gantzer : Je ne pense pas ; au contraire, il faut plutôt y voir une opportunité. Le fait que ce soit de grandes expositions facilite leur médiatisation. Plus de gens en entendent parler et peuvent y aller. Par exemple, nous organisons en ce moment une grande rétrospective sur Basquiat au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, et ça fonctionne. Beaucoup de gens viennent voir la totalité de l’œuvre de l’artiste. En culture, on ne se plaindra jamais que trop de gens visitent les musées.

Publicités

Une réponse à “La nuit va-t-elle mourir en silence à Paris?

  1. Pingback: Tweets that mention La nuit va-t-elle mourir en silence à Paris? | Les Coulisses de la Culture -- Topsy.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s