Les médias égyptiens mis sur la sellette

Par Tony Gamal Gabriel

capture d'écran de la chaîne Al Jazeera : à gauche l'image prise par la caméra de la chaîne. A droite l'image diffusée par les chaînes de télévisions officielles.

Rien ne va plus pour la presse égyptienne. Une grande partie de la population reproche aux médias leur mauvaise couverture de la révolution qui secoue le pays depuis le 25 Janvier.

Les manifestations ont révélé l’important fossé existant entre les citoyens d’une part, et les médias étatiques. Un fossé qui a obligé les Égyptiens à se brancher sur les chaînes d’information en continu étrangères tel que Al Jazeera ou Al Arabiya.

Mais le fond a été véritablement touché vendredi. Après l’annonce du départ de Moubarak, les médias étatiques ont entamé un virage à 180 degrés, qui a fini de les ridiculiser. Les chaînes de télé officielles et la presse gouvernementale se sont ralliées soudainement au peuple. Les « fauteurs de troubles », « les vendus à la solde de puissances étrangères », sont soudainement devenus des héros nationaux.

Des comptes à rendre

Un revirement qui n’empêchera pas certains médias de devoir rendre des comptes aux Égyptiens. Dimanche, le rédacteur en chef de l’Agence MENA a dû faire face à la colère de ses agenciers qui réclamaient sa démission. « Nous sommes les derniers à avoir donné le nom de révolution aux évènements qui ont secoué la rue égyptienne » expliquait un secrétaire de rédaction sur une chaîne de télévision privée.

De leur côté les journalistes de la maison de la radio et de la télévision qui manifestaient ce week-end ont obtenu la résidence surveillée de l’ancien ministre de l’Information, Anas El Feki. Certains journalistes ont par ailleurs pris l’initiative de révéler les « primes » accordées aux responsables de certaines télévisions étatiques.

Déjà, mercredi 9 février, plusieurs centaines de journalistes réunis devant leur syndicat avaient également exigé la démission du conseil d’administration du syndicat. Les journalistes avaient également réclamé l’ouverture d’une enquête visant à révéler au grand jour l’origine des richesses amassées par certains grands dirigeants du monde des médias.

Si une chose est sûre en ces temps incertains c’est qu’il faudra du temps aux médias pour regagner la confiance des citoyens. Un mur de la honte a été créé sur Internet pour épingler à jamais les journalistes qui ont choisi de se ranger du côté de l’état. Une position qui a valu aux médias étatiques leur nomination pour « l’oscar de la meilleure image », selon un blog d’information satirique égyptien. Une référence aux écrans des télévisions officielles qui diffusaient des images d’un Caire paisible et tranquille alors que les manifestations battaient leur plein et que le bâtiment du PND était en feu.

Crédit photo: owni.fr

Publicités

Une réponse à “Les médias égyptiens mis sur la sellette

  1. Pingback: Tweets that mention Les médias égyptiens mis sur la sellette | Les Coulisses de la Culture -- Topsy.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s