Dans les coulisses d’Arturo Brachetti

Par Hélène Croizé-Pourcelet

Vous connaissez probablement sa silhouette, et cette houpette à la Tintin qui est sa marque de fabrique. Mi magicien, mi enchanteur, éternel enfant, l’homme aux milles visages, c’est Arturo Brachetti !

Pendant son spectacle « Arturo Brachetti fait son cinéma* », il enfile pas moins de 80 costumes en une heure et demie, interprète 25 personnages à l’aide d’un bout de tissu. Un petit bout de rien qui devient tout. Qui devient Napoléon, D’Artagnan ou Zorro  … et nous plonge dans un univers magique. « La seule limite de l’homme est son imagination » (Einstein) aime à nous rappeler Brachetti. Il nous emmène dans le monde du cinéma et les personnages se bousculent sur la pellicule du film, le fil conducteur de son spectacle.

Pour lui la magie existe seulement dans les yeux de qui veut la lire, « lors d’une histoire d’amour, d’un coucher de soleil ». Arturo recherche avant tout la poésie, la nostalgie, la rêverie . Faire passer des émotions dans le public.. « Plus on vieillit, plus on devient rationnel. La magie nous replonge dans l’innocence de notre enfance ».

Et la magie ne s’arrête pas à la scène. Il la crée partout. Il a fait de sa maison à Turin un véritable « petit Disneyland » avec bibliothèques en trompe l’œil, librairie qui tourne, fausses portes.

« 4 secondes maximum pour changer de costume »

La magie, il n’a pas peur d’en révéler les secrets. Les petits comme les grands. D’emblée, il annonce la couleur : « tous les artifices que vous pouvez imaginer, je les utilise ». Il ne se cache pas d’utiliser trucages et  superpositions de costumes. Il est même très fier d’assurer qu’il a recours à « tous les artifices même les plus inimaginables ». Oui ses costumes sont souvent tronqués, avec des architectures couturières sans commune mesure : scratchs, boutons des plus sophistiqués, fermetures éclair introuvables.

Eclair, là est le vrai secret. Il a d’ailleurs été élu « transformiste le plus rapide au monde » par le Guinness Book of Records. 4 secondes maximum pour changer de costume. « Je suis un peu comme une ferrari pendant une course dont il faut changer les pneus et faire le plein en quelques secondes ». Une ferrari un peu cabossée. Un gros bleu sur son bras en témoigne. « C’est très violent, à peine rentré dans les coulisses on me saute dessus ! »

Il le dit lui-même : « mon spectacle c’est 50% de  performance physique et 50% d’astuce dans les costumes ».

Il suffit de le voir torse nu et juste après paré d’un costume XXL pour être assuré que l’essentiel ne réside pas dans les trucages. Au programme, deux heures d’aérobic  trois fois par semaine, pour s’entrainer. Il a une forme athlétique : 1m80 pour 65 kg.

« Mon truc surtout, c’est la forme mentale, la forme physique suit »

Mais son spectacle n’est pas un défilé de costumes ou un tour de passe-passe. « Mon truc surtout, c’est la forme mentale, la forme physique suit ».

Ses numéros suivent une stratégie très précise. Pour son spectacle « Arturo Brachetti fait son cinéma », il aura fallu seulement un mois de répétition. Mais derrière, il y a des années d’apprentissage : cinq ans pour son numéro d’ombres chinoises, devenu un classique. Une équipe de 11 personnes aussi, qui s’active pour l’assister : seulement deux personnes en coulisses pour l’aider à se changer, mais aussi deux costumiers, l’équipe technique  et 3 heures de préparation avant chaque représentation : « Un ballet invisible dans les coulisses ».

Arturo a 53 ans, presque 54. Il est italien et parle cinq langues. Il dessine tous ses costumes et suit de très près leur réalisation.

Cela fait 32 ans qu’il se produit, mais pour lui le plus difficile reste d’entrer sur scène dans la peau de son personnage et ne plus la quitter jusqu’à avoir changé de costume. Adopter son attitude, sa démarche, lui donner vie. Des années de travail.

« Il y a vingt ans : un ami m’a dit : « je te vois sur scène dans un personnage avec l’œil déjà dans un autre, ça sent le soupçon ». « C’est un des meilleurs conseils qu’on m’ait donné ».

Arturo aime changer. Arturo aime se changer.

Et il donne vie à chaque personnage. Entre deux, il revient sur la scène en Arturo Brachetti pour continuer de raconter son histoire, le fil rouge, le point de réalité qui permet de s’évader.

Arturo aime changer. Arturo aime se changer. Dans sa vie, il fait tout vite : il mange vite, il se change vite, il s ‘ennuie vite.

Un éclair. Il a déjà électrisé plus d’un million de spectateurs.

*« Arturo Brachetti fait son cinéma » en tournée mondiale. Du 4 au 19 juin 2011 aux Folies Bergère à Paris.

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