Constance Meyer : «On a une fausse image de Gainsbourg»

Par Lisa BEAUJOUR

Elle a été la dernière amoureuse de Gainsbourg. Constance Meyer avait 16 ans quand elle a rencontré Serge, lui en avait 57. Elle a passé les cinq dernières années de la vie de l’artiste avec lui. Son histoire,  elle la relate dans un livre très pudique, «La jeune fille et Gainsbourg», (éd. de l’Archipel, 160 pages, 14,95 euros). Pour les Coulisses de la Culture, Constance Meyer raconte comment était Gainsbourg en privé. Et il n’avait rien à voir avec Gainsbarre…

«Notre histoire, c’est un peu une suite de hasard. Je n’avais rien calculé». Quelques mois avant de rencontrer Serge Gainsbourg, la jeune fille ne connaît pas encore l’artiste. En vacances, c’est par hasard qu’elle tombe sur une de ces chansons, «Love on the beat». Elle se souvient : «J’ai tout de suite été subjuguée par la force de ses mots». De retour à Paris, Constance veut voir Serge. Elle se procure des places à la dernière minute pour assister à un des ses concerts, au casino de Paris. Elle ira le voir jouer cinq fois.

Par hasard encore, elle apprend l’adresse de Serge Gainsbourg. «Ma prof d’italien me dit un jour qu’elle habite à côté de chez lui. Elle vit rue de Lille, et lui vit rue de Verneuil, au n°5 bis». Au début, Constance refuse de la croire. Pour   elle, les stars n’ont pas de domicile. Dans son imaginaire, ils n’habitent pas sur la même planète. Mais elle finit par se rendre sur les lieux, et là, impossible de se tromper : des petits mots l’attestent, c’est bien la maison de Serge. Constance décide alors de lui écrire une longue lettre de 5 pages. «Tout était irréel pour moi à ce moment-là». Elle met son numéro de téléphone au bas de la lettre, sans imaginer qu’il puisse la rappeler. Et pourtant, quelques heures après, le téléphone de la jeune fille sonne : c’est Serge en personne qui l’invite à dîner.

«A partir du moment où il m’a téléphoné, tout sentiment d’irréalité s’est envolé. En Gainsbourg, j’ai tout de suite vu l’homme, jamais la star». En privé, avec Constance, Serge Gainsbourg est Lucien Ginsburg, un homme timide et très gentil. Il se réjouit de tout et a constamment besoin d’être rassuré.  A l’époque, Serge a une compagne officielle, Bambou, mais Constance et lui se voient régulièrement, une fois par semaine environ. «Je crois que Serge était double», analyse Constance. En privé, il est à l’opposé de l’image de provocateur que véhiculent les médias. Il est doux, drôle et raffiné.

Gainsbarrre, simple double médiatique

«Gainsbarre, l’artiste qui pète les plombs, je ne l’ai jamais rencontré», précise Constance Meyer. Pour elle, c’est un personnage médiatique qu’il s’est entièrement fabriqué. Tout commence en 1984, lorsque Serge Gainsbourg brûle en direct à la télévision un billet de banque. Pour Constance, «c’était un geste spontané». Sur le moment, Gainsbourg ne se rend pas compte de la pub que ce geste lui fait. Mais ensuite, il dit à Constance : «ce jour-là, j’ai peut-être dépensé 500 francs, mais j’en ai gagné 5000». Gainsbourg avait compris qu’en faisant scandale, il vendrait plus de disques.

Gainsbarre : simple double médiatique de Gainsbourg, création de toute pièce ? «Avec Serge, la vie était très douce et très rigolote», se souvient Constance. C’est un homme qui vit surtout la nuit, et ne se couche jamais avant 6h du matin. Il ne travaille pas beaucoup, il travaille vite et au dernier moment. Ses albums, il les fait en quinze jours. «La chanson Sea, Sex and Sun, il m’a dit qu’il l’avait écrite en 15 minutes», se remémore sa dernière confidente. «Il avait vraiment du génie».

Réhabiliter le vrai Gainsbourg

Gainsbarre n’était pas non plus misogyne, contrairement à ce que tout le monde pense aujourd’hui.  «Il mettait la femme sur un piédestal», affirme Constance. Pour elle, ce qu’on dit aujourd’hui sur Gainsbourg est très réducteur. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle a écrit ce livre. Elle pense «qu’il lui fait du bien». Beaucoup ont remercié Constance d’avoir transmis une autre vision de Serge Gainsbourg. Elle a été surprise, elle pensait que tout le monde savait qui était Serge Gainsbourg. Et n’imaginait pas qu’on puisse le confondre avec Gainsbarre.

Dans son livre, Constance Meyer est très pudique. Elle affirme que les journalistes qui s’attendaient à quelque chose de sulfureux, avec des révélations, ont été très déçus. «C’est un livre très respectueux, à l’image de notre relation», ajoute l’écrivain. Constance a écrit ce livre comme si Gainsbourg allait le lire à la fin. D’ailleurs, dans les derniers paragraphes, le «il» s’efface pour laisser advenir un «tu». Pour l’écrivain, c’est un livre de jeunesse très positif. Un livre qui dit que si on a des rêves, on peut tous les réaliser.

 

Constance Meyer sera au salon du livre pour dédicacer « La jeune fille et Gainsbourg » le 19 mars à 17h.

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3 réponses à “Constance Meyer : «On a une fausse image de Gainsbourg»

  1. LEGOFFIC Didier

    Bonjour, j ai lu et apprécié l article de Constance MEYER . j ai meme trouvé le livre en question aujourdh ui a la Médiatheque de ma Ville a 22 LANNION. Je souhaiterai correspondre avec Constance pr lui dire mon admiration sans compassion pour l artiste de génie qu était SERGE. Merci de bien vouloir transmettre mes coordonnées
    cordialement,
    Didier

  2. Bonjour monsieur Legoffic,
    Contente que l’article vous ait plu.
    Si vous désirez converser avec Constance Meyer, vous pouvez la joindre grâce au formulaire de contact de son site internet: http://www.constancemeyer.com/

  3. Pingback: Constance Meyer : « Si c’était à refaire, je revivrai exactement la même histoire » | Gainsbourg For Ever

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