Sur les traces d’Albert Londres

Par Diane Jeantet

Julie à la SCAM

Nolwenn et Julie, deux copines d’une vingtaine d’années, se préparent pour le grand tour. Japon, Inde, Vietnam, Cambodge, Gabon et Guyane, voilà les six pays où elles ont décidé de se rendre. Ce n’est pas un hasard, loin de là. Dans chacune de ces villes, le grand reporter Albert Londres y a séjourné et écrit ses reportages.

Admiratrices de cet illustre prédécesseur, les deux jeunes journalistes préparent leur voyage depuis deux ans. Au cours de ces dix longs mois, leur but n’est pas simplement de suivre pas à pas l’homme qui donna son nom à l’un des prix les plus prestigieux du métier, mais d’actualiser ses recherches. Ville après ville, rencontre après rencontre, Julie et Nolwenn ont pour mission de faire un état des lieux.

Albert Londres, le pater familias.

Nombreux sont les journalistes qui citent Albert Londres. Tel un pater familias, il représente un modèle de conduite et d’éthique journalistique. Dans Terre d’Ebène, il expose la vision qu’il a de sa profession :

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »

Né en 1884, Albert Londres signe ses premiers articles pendant la première guerre mondiale, qu’il couvre comme journaliste. Il a ensuite parcouru le monde et porté son attention sur des phénomènes divers comme la révolution russe, la République chinoise, les pêcheurs de perles de Djibouti, le bagne…

En France il s’attaque au Tour de France, ou « tour de souffrance », et s’indigne des exigences insupportables réclamées aux sportifs. Il dénonce aussi les pratiques qui ont bon cours dans les asiles psychiatriques français : « Notre devoir n’est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie. »

Actualiser ses reportages

Nolwenn Leboyer à la SCAM

Plus de 80 ans après qu’Albert Londres a révélé la sombre réalité des conditions des bagnards en Guyane, qui provoque la fermeture du bagne de Cayenne, pourquoi les prisonniers sont-ils aujourd’hui encore si pauvrement lotis ? Qu’en est-il de la déforestation au Gabon et de l’héritage colonial au Vietnam ? Tant de questions auxquelles ces futures globe-trotteuses souhaitent répondre à travers une série de reportages et un blog de carnet de voyages.

Un rêve de jeunes filles qui se concrétisera le 5 juin, date de départ de leur premier voyage. Les premières aides financières sont arrivées (bourse du conseil général du Finistère) et  les tickets achetés. Plus question de faire machine arrière. Les deux amies ont d’ailleurs arrêté de travailler afin de se consacrer pleinement à la préparation de leur expédition. Recherche de contacts, galère de visas, rassemblement d’informations diverses sur les voyages « d’Albert » (comme elles l’appellent désormais) ; le travail ne manque pas.

Affaire à suivre… Julie et Nolwenn ont maintenant quitté Paris pour retourner en Bretagne et économiser encore un peu avant de s’en aller. Au cours de ces prochains mois, Les Coulisses de la Culture suivra leur parcours.

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3 réponses à “Sur les traces d’Albert Londres

  1. très beau projet… à suivre, donc !

  2. Enfin ce voyage se concrétise!!!!! Bon vent à ttes les deux et ramenez nous de belles photos, de beaux reportages.
    @+ (et si on peut vous aider, n’hésitez pas).

  3. super projet !!!! je vous souhaite de belles aventures ! et plein de subventions !
    je suivrai de très près vos pérégrinations.
    Bon courage jusqu’au départ ! Et plein d’infos à votre retour…
    Bon voyage, bisous bisous ciao ciao !

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