Cat Stevens: portrait d’un artiste précoce

Par Tony Gamal Gabriel

Cat Stevens sera en concert le 26 Mai à Bercy. Portrait de l’artiste, un jour Steven Georgiou, le lendemain Youssef Islam, mais à jamais Cat Stevens…

Sur les affiches qui annoncent son concert à Paris, c’est le même visage, mais le nom à changé. Cat Stevens, l’icône rock britannique de son vrai nom Steven Demetri Georgiou, Steve pour les intimes est né en 1948 à Londres d’une mère Suédoise et d’un père grec-chypriote. Il grandit à quelques pas du quartier des artistes, dans un appartement au dessus du «Moulin rouge », le restaurant de ses parents. Le jeune homme est « solitaire ». « J’étais isolé des deux communautés, anglaise et grecque. Notre famille était une île ».

Steve était prédestiné à devenir une star de la musique anglo-saxonne. Le jeune adolescent n’est pas un premier de classe. Mais il a un don.  A l’école, « J’étais ‘l’artiste’.  On me tabassait, mais j’étais remarqué ». Très jeune, il s’intéresse au piano. A 15 ans, sous l’influence des Beatles, il se met à la guitare et commence à composer ses premières chansons. Sa première gratte, c’est son père qui la lui offre, 8 livres sterling. En 1958 il assiste à la représentation Londonienne de la comédie musicale West Side Story qui le marque.

Sous l’influence d’un oncle artiste peintre, Steve s’initie au dessin. Il envisage de devenir caricaturiste alors qu’il suit des cours à la Hammersmith school of art. Mais la musique est décidément son domaine de prédilection. Il s’intéresse au rock et commence à jouer dès 1965 dans des pubs et des bars de Londres. Son objectif est alors de devenir auteur-compositeur. Il essaye de former un groupe de musique, mais se rend vite compte qu’il préfère travailler en solo.

Oh very young

Il prend alors son nom de scène, Cat Stevens après qu’une de ses petites amies lui ait dit qu’il avait des yeux de chat. Mais c’est surtout que Steve ne veut pas dévoiler son héritage grec.  « Je ne pensais pas que ca pouvait intéresser quiconque. Et je pensais que ca n’avait rien à voir avec moi ». Lors d’une conférence à l’université de Stanford aux Etats-Unis, il expliquera à son auditoire qu’il «n’imaginait personne aller au disquaire demander l’album de Stephen Demetri Georgiou».

En 1966, il impressionne Mike Hust, célèbre producteur de musique qui lui fait signer son premier contrat. Ses premiers singles sont des hits. Pendant plusieurs années il se retrouve à la tête des Hit Parade et effectue de nombreuses tournées avec des grands noms de la musique tel que Jimmy Hendrix. Son succès, il le doit en grande partie à la radio pirate Wonderful Radio London qui joue ses tubes.

En décembre 1967, sort son deuxième album qui n’a pas le succès attendu. Une chanson pourtant retient l’attention du public : the first cut is the deepest. Un titre repris par la suite par plusieurs artistes tel que P.P Arnold, James Morrison ou Sheryl Crow. En 2005 et en 2006, consécration tardive pour ce second album passé inaperçu, il reçoit le prix de l’auteur compositeur de l’année délivré par l’ASCAP, la Société Américaine des Compositeurs , Auteurs, et éditeurs.

En 1969, il frôle la mort après avoir contracté la tuberculose. Il passe plusieurs mois à l’hôpital et doit suivre une année de convalescence. Steve n’est plus le même, il sort changé de cette expérience : il commence à se questionner sur certains aspects de sa vie et de sa spiritualité. Il s’est mis à la méditation et au Yoga, s’intéresse aux religions et devient végétarien. Un changement qui transparait dans les chansons qu’il continue de composer, 40 en tout, et qui seront publiés dans ses albums à venir.

L’âge d’or de Cat

La décennie 1970 est LA décennie Stevens, son âge d’or. Pas encore connu en outre-Atlantique, il se lance à la conquête de l’Amérique. Pour son troisième album au ton folk rock, il commence à travailler avec Alun Devis, un guitariste tout aussi perfectionniste que Cat et qui très rapidement devient un de ses amis les plus proches. Mona Bone Jakon sera disque d’or aux Etats-Unis. Cat Stevens y inaugure son style new folk rock aux paroles simples et accessibles qui parle à la fois de la vie de tous les jours et des questions existentielles. Un succès qui préfigure celui de ses prochains albums : en 1970 Tea for Tillerman est dans les bacs.. L’album comprend le magnifique « Wild World » un titre indémodable, classique de la musique rock. L’année suivante sort Teaser and the firecat. Un succès non démenti en 1972 avec la sortie de Catch Bull at Four. Les titres de Cat Stevens caracolent en tête des hits parades américains et britanniques. L’artiste collectionne les disques d’or et de platine.

En 1973, fuyant les impôts anglais, Stevens s’installe au Brésil et donne l’argent que lui réclame le fisc britannique à l’Unesco. Un déménagement qui influence sa musique. Laissant la guitare, il adopte le piano électrique et se lance dans l’exploration de la musique funk soul, qui gagne en popularité et que Stevens apprécie tout particulièrement. Deux albums illustrent l’évolution du chanteur : Foreigner, paru en 1973, disque d’or aux Etats-Unis, numéro trois aux hits parade américains et anglais et Buddha and the Chocolate Box, dans les bacs en 1974, disque de Platine aux Etats-Unis et numéro deux du hit parade américain.

La vie semble sourire à l’artiste. Mais il lui manque quelque chose. Un « je ne sais quoi » qui l’empêche d’être complètement heureux, mais qu’il ne tardera pas à trouver.

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