Archives de Catégorie: Cinéma

« Traduire » l’hébreu, ou comment transmettre une langue exigeante

L’hébreu envoûte, l’hébreu fascine. Surtout, l’hébreu intrigue. Dans le film «Traduire», la réalisatrice Nurith Aviv explore les mystères de la traduction de la langue hébraïque. Dernier volet d’une trilogie consacrée à l’hébreu, le film est actuellement projeté au cinéma Les Trois Luxembourg, dans le 5ème arrondissement de Paris. Durant 1h10, des traducteurs de différentes nationalités témoignent de leur confrontation avec une langue qui les a parfois amené à «transgresser les règles de la leur».

 

>>Retrouvez les horaires de projection du film<<

Des débats avec la réalisatrice et ses invités sont organisés après certaines séances. L’occasion pour le spectateur d’approfondir sa connaissance du monde trouble de la traduction. Car traduire une œuvre d’une langue dans une autre est loin d’être anodin…

>>(Re)lisez l’article de Lisa Beaujour sur le lien entre un auteur et son traducteur<<

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Le cinéma numérique, un scénario catastrophe ?

Par Camille Maestracci

Plus d’un tiers des salles de cinéma françaises est déjà passé au numérique. Si les grandes salles distribuent déjà les lunettes bicolores, les salles indépendantes, elles, voient rouge.

Vous n’avez pas vu Avatar ? Attention, il y a une chance sur quatre pour que vous mentiez ! Avec près de 15 millions d’entrées en France – presque un quart de la population française – ce fût le plus gros succès de tous les temps et la consécration du film en trois dimensions. Fini la projection photochimique, la révolution technologique arrive désormais sur grand écran. Pour les salles de cinéma, le block buster de James Cameron a été l’élément déclencheur dans le passage au numérique. UGC par exemple, qui n’était pas encore équipé au moment de sa sortie, s’en est mordu les doigts et a vite rectifié le tir pour la sortie d’Alice au pays des merveilles, quelques mois plus tard, en 3D cette fois-ci… Lire la suite

Bégaudeau: « Pourquoi notre cinéma ne filme-t-il pas la précarité des jeunes? »

Par Lisa BEAUJOUR

Est-ce ainsi que les hommes vivent? C’est une belle question qu’a posée Louis Aragon. Si profonde que le festival abrité chaque année par le cinéma l’Ecran à Saint-Denis la pose à nouveau jusqu’au 8 février. Cette année, le thème du festival cinématographique est le rapport des hommes au travail. D’où le nom choisi: « La comédie du travail ». Le 2 février, le journaliste et écrivain François Bégaudeau a présenté une séance dédiée au cinéaste Laurent Cantet. Deux films étaient sélectionnés, «Tous à la manif» et «Ressources humaines», qui traite de l’impact des 35h sur le milieu ouvrier. Laurent Cantet est un cinéaste que François Bégaudeau connaît bien. C’est lui qui a réalisé Entre les murs, film dans lequel l’écrivain tenait le rôle principal.

François Bégaudeau revient pour nous sur les liens entre travail et cinéma ainsi que sur la programmation du festival. Pour l’écrivain, les films que l’on peut y visionner sont toujours d’actualité. Ils parlent au spectateur car ils concernent sa vie de tous les jours. A noter cependant: un vide dans le cinéma contemporain, qui n’arrive pas encore à cerner les récents changements du monde du travail.

>>Ecoutez l’interview de François Bégaudeau<<

Un ciné-club marseillais qui n’esquive pas le succès

Par Lisa BEAUJOUR

Vendredi 28 janvier, à Marseille, se déroulait la projection mensuelle du «cinéma d’à côté» au théâtre Le Merlan, avec le film l’Esquive, d’Abdellatif Kechiche. Pour la première fois depuis la mise en place du ciné-club, la salle était pleine, et il fallait réserver pour assister à la projection.

«Un ciné-club, c’est quand même rare à Marseille» : Stéphanie Mille souligne la spécificité de l’événement. Elle est documentaliste à l’IRTS (Institut régional du Travail Social) de Marseille, l’un des dix partenaires du «cinéma d’à-côté». Un vendredi par mois, le théâtre Le Merlan propose de visionner gratuitement un film sur une thématique particulière. En ce moment, le thème, c’est «jeunesse et société».

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Hassan et Marc à l’affiche : les coptes dans le cinéma égyptien

Par Tony Gamal Gabriel

Les coptes seraient-ils interdits du cinéma égyptien? C’est à croire tant ils en sont absents. Mais à creuser un peu, on se rend compte que, bien plus que la censure, le manque de rentabilité du sujet et l’obscurantisme religieux, en sont les principaux responsables.

Affiche du film "Héliopolis", paru en 2009

Il existe bien sûr quelques films qui évoquent les questions qui se posent aujourd’hui à la communauté chrétienne d’Egypte. Ainsi, en 2009, Wahed Sefr (Un-zéro) soulevait l’épineux problème du divorce. Elham Shahine, star du cinéma égyptien, y incarnait une femme divorcée à qui l’Eglise refusait d’accorder une autorisation de remariage. La même année, Héliopolis, film indépendant plusieurs fois primé, abordait très rapidement l’immigration des chrétiens par le biais de l’histoire de Hany, jeune médecin qui tente de rejoindre sa famille au Canada.

Ces films cependant se comptent sur les doigts de la main.

Difficile en effet pour la question copte de trouver sa place dans le cinéma égyptien, dominé par les lois du marché. « Les films qui accordent trop d’importance à la question copte ne sont pas rentables », affirme dans un article Tarek El Chenaoui, journaliste à MBC. Il explique qu’en 2003, un film traitant de l’amitié entre un chrétien et un musulman avait engendré de très faibles bénéfices, malgré la grande popularité de ses acteurs. Plusieurs artistes avaient par ailleurs refusé de jouer le rôle du personnage chrétien sous prétexte que « le film ne plairait pas au public, pas habitué à voir des personnages principaux chrétiens ».

« Le cinéma égyptien est trop commercial, il ne va pas dans le fond des sujets. Lorsque la question de « minorité persécutée » est évoquée, elle est prise avec trop de légèreté. La société ne reconnait pas assez le drame de la situation chrétienne », regrette Salma Lotfy, jeune étudiante en droit.

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Le désamour artistique de Godard et Truffaut

Deux monstres sacrés du cinéma français s’affrontent dans « Deux de la vague », un documentaire d’Antoine de Baecque et Emmanuel Laurent. Comment une amitié cinématographique se termine mal. Décryptage.

En 1949, Truffaut et Godard se rencontrent et se reconnaissent l’un dans l’autre. Une paire se forme pour balloter la France gaulliste et casser le cinéma de papa. Truffaut écrit avec Godard le scénario d’ « A bout de souffle ». Celui-ci termine le court métrage « Histoire d’eau », commencé par l’auteur des « 400 coups ». Truffaut n’écrit pas sur son ami, dont il affirme être « le plus grand cinéaste au monde ». L’admiration entre les deux piliers de la Nouvelle vague est réciproque. Mais surgit Mai 68.

Alors que les deux amis dénoncent l’absurdité d’un Festival de Cannes ayant lieu au sein d’une France en grève générale, leurs discours prennent de la distance. Truffaut veut faire du cinéma autrement, Godard rêve d’un autre cinéma.

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